— Et qui agissait en maître, comme s'il avait eu des droits… sur notre mère… sur nous, peut-être?…
— Lui-même, frère, et, ces droits, il vient sans doute pour les exercer aujourd'hui…
— Quels droits?… Ah!… cette fois je saurai ce que cet homme a la prétention de faire ici!
Joël se contint, non sans peine, et, suivi de sa soeur, il alla se mettre un peu à l'écart.
Quelques minutes après, dame Hansen et Sandgoïst arrivaient à la porte de l'auberge. Sandgoïst en franchissait le seuil — le premier. La porte se refermait sur dame Hansen et sur lui, et tous deux s'installaient dans la grande salle.
Joël et Hulda se rapprochèrent de la maison, où la voix grondante de Sandgoïst se faisait entendre. Ils s'arrêtèrent, ils écoutèrent. Dame Hansen parlait alors, mais en suppliante.
— Entrons! dit Joël. Et tous deux, Hulda, le coeur oppressé, Joël, frémissant d'impatience, de colère aussi, entrèrent dans la grande salle, dont la porte fut soigneusement refermée. Sandgoïst était assis dans le grand fauteuil. Il ne se dérangea même pas en apercevant le frère et la soeur. Il se contenta de tourner la tête et de les regarder par-dessus ses lunettes.
— Ah! voici la charmante Hulda, si je ne me trompe! dit-il d'un ton qui déplut à Joël.
Dame Hansen était debout devant cet homme, dans une humble et craintive attitude. Mais elle se redressa soudain et parut très contrariée à la vue de ses enfants.
— Et voilà son frère, sans doute? ajouta Sandgoïst.