Hulda, dans un premier mouvement, allait répondre à Sandgoïst comme elle l'avait fait à toutes demandes de ce genre, bien qu'il ne se fût point adressé directement à elle, lorsque Joël l'arrêta.

— Avant de répondre à monsieur Sandgoïst, dit-il, je lui demanderai s'il sait à qui appartient ce billet.

— Mais à Hulda Hansen, j'imagine!

— Eh bien, c'est à Hulda Hansen qu'il faut demander si elle est disposée à s'en défaire!

— Mon fils!… dit dame Hansen.

— Laissez-moi achever, ma mère, reprit Joël. Ce billet n'appartenait-il pas légitimement à notre cousin Ole Kamp, et Ole Kamp n'avait-il pas le droit de le léguer à sa fiancée?

— Incontestablement, répondit Sandgoïst.

— C'est donc à Hulda Hansen qu'il faut s'adresser pour l'avoir.

— Soit, monsieur le formaliste, répondit Sandgoïst. Je demande donc à Hulda de me céder ce billet, portant le numéro 9672, qui lui vient de Ole Kamp.

— Monsieur Sandgoïst, répondit la jeune fille d'une voix ferme, bien des propositions m'ont été faites au sujet de ce billet, mais inutilement. Aussi je vous répondrai comme j'ai répondu jusqu'ici. Si mon fiancé m'a adressé ce billet avec son dernier adieu, c'est parce qu'il a voulu que je le garde, non que je le vende. Je ne puis donc m'en dessaisir à aucun prix.