— Comme dans les voyages de Simbad le marin, répliquai-je en riant.
— Ah ! maître Land, il paraît que vous aimez les histoires extraordinaires ! Quels cachalots que les vôtres ! J'espère que vous n'y croyez pas !
— Monsieur le naturaliste, répondit sérieusement le Canadien, il faut tout croire de la part des baleines !
— Comme elle marche, celle-ci ! Comme elle se dérobe !
— On prétend que ces animaux-là peuvent faire le tour du monde en quinze jours.
— Je ne dis pas non.
— Mais, ce que vous ne savez sans doute pas, monsieur Aronnax, c'est que, au commencement du monde, les baleines filaient plus rapidement encore.
— Ah ! vraiment, Ned ! Et pourquoi cela ?
— Parce que alors, elles avaient la queue en travers, comme les poissons, c'est-à-dire que cette queue, comprimée verticalement, frappait l'eau de gauche à droite et de droite à gauche. Mais le Créateur, s'apercevant qu'elles marchaient trop vite, leur tordit la queue, et depuis ce temps-là, elles battent les flots de haut en bas au détriment de leur rapidité.
— Bon, Ned, dis-je, en reprenant une expression du Canadien, faut-il vous croire ?