— Je pense que nous sommes pris, capitaine.
— Pris ! Et comment l'entendez-vous ?
— J'entends que nous ne pouvons aller ni en avant ni en arrière, ni d'aucun côté. C'est, je crois, ce qui s'appelle « pris », du moins sur les continents habités.
— Ainsi, monsieur Aronnax, vous pensez que le Nautilus ne pourra pas se dégager ?
— Difficilement, capitaine, car la saison est déjà trop avancée pour que vous comptiez sur une débâcle des glaces.
— Ah ! monsieur le professeur, répondit le capitaine Nemo d'un ton ironique, vous serez toujours le même ! Vous ne voyez qu'empêchements et obstacles ! Moi, je vous affirme que non seulement le Nautilus se dégagera, mais qu'il ira plus loin encore !
— Plus loin au sud ? demandai-je en regardant le capitaine.
— Oui, monsieur, il ira au pôle.
— Au pôle ! m'écriai-je, ne pouvant retenir un mouvement d'incrédulité.
— Oui, répondit froidement le capitaine, au pôle antarctique, à ce point inconnu où se croisent tous les méridiens du globe. Vous savez si je fais du Nautilus ce que je veux. »