« Un repas vous attend dans votre cabine, leur dit-il. Veuillez suivre cet homme.
— Ça n'est pas de refus ! » répondit le harponneur.
Conseil et lui sortirent enfin de cette cellule où ils étaient renfermés depuis plus de trente heures.
« Et maintenant, monsieur Aronnax, notre déjeuner est prêt. Permettez-moi de vous précéder.
— A vos ordres, capitaine. »
Je suivis le capitaine Nemo, et dès que j'eus franchi la porte, je pris une sorte de couloir électriquement éclairé, semblable aux coursives d'un navire. Après un parcours d'une dizaine de mètres, une seconde porte s'ouvrit devant moi.
J'entrai alors dans une salle à manger ornée et meublée avec un goût sévère. De hauts dressoirs de chêne, incrustés d'ornements d'ébène, s'élevaient aux deux extrémités de cette salle, et sur leurs rayons à ligne ondulée étincelaient des faïences, des porcelaines, des verreries d'un prix inestimable. La vaisselle plate y resplendissait sous les rayons que versait un plafond lumineux, dont de fines peintures tamisaient et adoucissaient l'éclat.
Au centre de la salle était une table richement servie. Le capitaine Nemo m'indiqua la place que je devais occuper.
« Asseyez-vous, me dit-il, et mangez comme un homme qui doit mourir de faim. »
Le déjeuner se composait d'un certain nombre de plats dont la mer seule avait fourni le contenu, et de quelques mets dont j'ignorais la nature et la provenance. J'avouerai que c'était bon, mais avec un goût particulier auquel je m'habituai facilement. Ces divers aliments me parurent riches en phosphore, et je pensai qu'ils devaient avoir une origine marine.