Le capitaine me comprit et me fit signe de le suivre. Nous rentrâmes à bord. Mon scaphandre ôté, je l'accompagnai dans le salon.

« Monsieur Aronnax, me dit-il, il faut tenter quelque héroïque moyen, ou nous allons être scellés dans cette eau solidifiée comme dans du ciment.

— Oui ! dis-je, mais que faire ?

— Ah ! s'écria-t-il, si mon Nautilus était assez fort pour supporter cette pression sans en être écrasé ?

— Eh bien ? demandai-je, ne saisissant pas l'idée du capitaine.

— Ne comprenez-vous pas, reprit-il, que cette congélation de l'eau nous viendrait en aide ! Ne voyez-vous pas que par sa solidification, elle ferait éclater ces champs de glace qui nous emprisonnent, comme elle fait, en se gelant, éclater les pierres les plus dures ! Ne sentez-vous pas qu'elle serait un agent de salut au lieu d'être un agent de destruction !

— Oui, capitaine, peut-être. Mais quelque résistance à l'écrasement que possède le Nautilus, il ne pourrait supporter cette épouvantable pression et s'aplatirait comme une feuille de tôle.

— Je le sais, monsieur. Il ne faut donc pas compter sur les secours de la nature, mais sur nous-mêmes. Il faut s'opposer à cette solidification. Il faut l'enrayer. Non seulement, les parois latérales se resserrent, mais il ne reste pas dix pieds d'eau à l'avant ou à l'arrière du Nautilus. La congélation nous gagne de tous les côtés.

— Combien de temps, demandai-je, l'air des réservoirs nous permettra-t-il de respirer à bord ? »

Le capitaine me regarda en face.