—Par-dessous?
—Sans doute, répondit tranquillement le capitaine Nemo. Depuis longtemps la nature a fait sous cette langue de terre ce que les hommes font aujourd'hui à sa surface.
—Quoi! il existerait un passage!
—Oui, un passage souterrain que j'ai nommé Arabian-Tunnel. Il prend au-dessous de Suez et aboutit au golfe de Péluse.
—Mais cet isthme n'est composé que de sables mouvants?
—Jusqu'à une certaine profondeur. Mais à cinquante mètres seulement se rencontre une inébranlable assise de roc.
—Et c'est par hasard que vous avez découvert ce passage? demandai-je de plus en plus surpris.
—Hasard et raisonnement, monsieur le professeur, et même, raisonnement plus que hasard.
—Capitaine, je vous écoute, mais mon oreille résiste à ce qu'elle entend.
—Ah monsieur! Aures habent et non audient est de tous les temps. Non seulement ce passage existe, mais j'en ai profité plusieurs fois. Sans cela, je ne me serais pas aventuré aujourd'hui dans cette impasse de la mer Rouge.