C'étaient des lingots d'or. D'où venait ce précieux métal qui représentait une somme énorme? Où le capitaine recueillait-il cet or, et qu'allait-il faire de celui-ci?
Je ne prononçai pas un mot. Je regardai. Le capitaine Nemo prit un à un ces lingots et les rangea méthodiquement dans le coffre qu'il remplit entièrement. J'estimai qu'il contenait alors plus de mille kilogrammes d'or, c'est-à-dire près de cinq millions de francs.
Le coffre fut solidement fermé, et le capitaine écrivit sur son couvercle une adresse en caractères qui devaient appartenir au grec moderne.
Ceci fait, le capitaine Nemo pressa un bouton dont le fil correspondait avec le poste de l'équipage. Quatre hommes parurent, et non sans peine ils poussèrent le coffre hors du salon. Puis, j'entendis qu'ils le hissaient au moyen de palans sur l'escalier de fer.
En ce moment, le capitaine Nemo se tourna vers moi:
«Et vous disiez, monsieur le professeur? me demanda-t-il.
—Je ne disais rien, capitaine.
—Alors, monsieur, vous me permettrez de vous souhaiter le bon soir.»
Et sur ce, le capitaine Nemo quitta le salon.
Je rentrai dans ma chambre très-intrigué, on le conçoit. J'essayai vainement de dormir. Je cherchais une relation entre l'apparition de ce plongeur et ce coffre rempli d'or. Bientôt, je sentis à certains mouvements de roulis et de tangage, que le Nautilus quittant les couches inférieures revenait à la surface des eaux.