Le nom de cet homme! Son histoire écrite par lui-même! Son mystère serait donc un jour dévoilé? Mais, en ce moment, je ne vis dans cette communication qu'une entrée en matière.
«Capitaine, répondis-je, je ne puis qu'approuver la pensée qui vous fait agir. Il ne faut pas que le fruit de vos études soit perdu. Mais le moyen que vous employez me paraît primitif. Qui sait où les vents pousseront cet appareil, en quelles mains il tombera? Ne sauriez-vous trouver mieux? Vous, ou l'un des vôtres ne peut-il...?
—Jamais, monsieur, dit vivement le capitaine en m'interrompant.
—Mais moi, mes compagnons, nous sommes prêts à garder ce manuscrit en réserve, et si vous nous rendez la liberté...
—La liberté! fit le capitaine Nemo se levant.
—Oui, monsieur, et c'est à ce sujet que je voulais vous interroger. Depuis sept mois nous sommes à votre bord, et je vous demande aujourd'hui, au nom de mes compagnons comme au mien, si votre intention est de nous y garder toujours.
—Monsieur Aronnax, dit le capitaine Nemo, je vous répondrai aujourd'hui ce que je vous ai répondu il y a sept mois: Qui entre dans le Nautilus ne doit plus le quitter.
—C'est l'esclavage même que vous nous imposez!
—Donnez-lui le nom qu'il vous plaira.
—Mais partout l'esclave garde le droit de recouvrer sa liberté! Quels que soient les moyens qui s'offrent à lui, il peut les croire bons!