«Elle aboutit au canot, répondit-il.

—Quoi! vous avez un canot? répliquai-je, assez étonné.

—Sans doute. Une excellente embarcation, légère et insubmersible, qui sert à la promenade et à la pêche.

—Mais alors, quand vous voulez vous embarquer, vous êtes forcé de revenir à la surface de la mer?

—Aucunement. Ce canot adhère à la partie supérieure de la coque du Nautilus, et occupe une cavité disposée pour le recevoir. Il est entièrement ponté, absolument étanche, et retenu par de solides boulons. Cette échelle conduit à un trou d'homme percé dans la coque du Nautilus, qui correspond à un trou pareil percé dans le flanc du canot. C'est par cette double ouverture que je m'introduis dans l'embarcation. On referme l'une, celle du Nautilus; je referme l'autre, celle du canot, au moyen de vis de pression; je largue les boulons, et l'embarcation remonte avec une prodigieuse rapidité à la surface de la mer. J'ouvre alors le panneau du pont, soigneusement clos jusque-là, je mâte, je hisse ma voile ou je prends mes avirons, et je me promène.

—Mais comment revenez-vous à bord?

—Je ne reviens pas, monsieur Aronnax, c'est le Nautilus qui revient.

—A vos ordres!

—A mes ordres. Un fil électrique me rattache à lui. Je lance un télégramme, et cela suffit.

—En effet, dis-je, grisé par ces merveilles, rien n'est plus simple!»