«Hans ne s'est pas trompé,» dit-il, ce que tu entends là, c'est le mugissement d'un torrent.
—Un torrent? m'écriai-je.
—Il n'y a pas à en douter. Un fleuve souterrain circule autour de nous!»
Nous hâtâmes le pas, surexcités par l'espérance. Je ne sentais plus ma fatigue. Ce bruit d'une eau murmurante me rafraîchissait déjà; le torrent, après s'être longtemps soutenu au-dessus de notre tête, courait maintenant dans la paroi de gauche, mugissant et bondissant. Je passais fréquemment ma main sur le roc, espérant y trouver des traces de suintement ou d'humidité. Mais en vain.
Une demi-heure s'écoula encore. Une demi-lieue fut encore franchie.
Il devint alors évident que le chasseur, pendant son absence, n'avait pu prolonger ses recherches au-delà. Guidé par un instinct particulier aux montagnards, aux hydroscopes, il «sentit» ce torrent à travers le roc, mais certainement il n'avait point vu le précieux liquide: il ne s'y était pas désaltéré.
Bientôt même il fut constant que, si notre marche continuait, nous nous éloignerions du torrent dont le murmure tendait à diminuer.
On rebroussa chemin. Hans s'arrêta à l'endroit précis où le torrent semblait être le plus rapproché.
Je m'assis près de la muraille, tandis que les eaux couraient à deux pieds de moi avec une violence extrême. Mais un mur de granit nous en séparait encore.
Sans réfléchir, sans me demander si quelque moyen n'existait pas de se procurer cette eau, je me laissai aller à un premier moment de désespoir.