Je regardai mon oncle avec une certaine admiration.
«Ces alchimistes, reprit-il, Avicenne, Bacon, Lulle, Paracelse, étaient les véritables, les seuls savants de leur époque. Ils ont fait des découvertes dont nous avons le droit d'être étonnés. Pourquoi, ce Saknussemm n'aurait-il pas enfoui sous cet incompréhensible cryptogramme quelque surprenante invention? Cela doit être ainsi. Cela est.»
L'imagination du professeur s'enflammait à cette hypothèse.
«Sans doute, osai-je répondre, mais quel intérêt pouvait avoir ce savant à cacher ainsi quelque merveilleuse découverte?
—Pourquoi? pourquoi? Eh! le sais-je? Galilée n'en a-t-il pas agi ainsi pour Saturne? D'ailleurs, nous verrons bien; j'aurai le secret de ce document, et je ne prendrai ni nourriture ni sommeil avant de l'avoir deviné.
—Oh! pensai-je.
—Ni toi, non plus, Axel, reprit-il.
—Diable! me dis-je, il est heureux que j'aie dîné pour deux!
—Et d'abord, fit mon oncle, il faut trouver la langue de ce «chiffre.» Cela ne doit pas être difficile.»
A ces mots, je relevai vivement la tête. Mon oncle reprit son soliloque: