—Comment, la marée! m'écriai-je.
—Sans doute.
—L'influence de la lune et du soleil se fait sentir jusqu'ici!
—Pourquoi pas! Les corps ne sont-ils pas soumis dans leur ensemble à l'attraction universelle? Cette masse d'eau ne peut donc échapper à cette loi générale? Aussi, malgré la pression atmosphérique qui s'exerce à sa surface, tu vas la voir se soulever comme l'Atlantique lui-même.»
En ce moment nous foulions le sable du rivage et les vagues gagnaient peu à peu sur la grève.
«Voilà bien le flot qui commence, m'écriai-je.
—Oui, Axel, et d'après ces relais d'écume, tu peux voir que la mer s'élève d'une dizaine de pieds environ.
—C'est merveilleux!
—Non: c'est naturel.
—Vous avez beau dire, tout cela me parait extraordinaire, et c'est à peine si j'en crois mes yeux. Qui eût jamais imaginé dans cette écorce terrestre un océan véritable, avec ses flux et ses reflux, avec ses brises, avec ses tempêtes!