Enfin, par un violent, effort, je l'arrache au moment où la boule allait le saisir dans son mouvement giratoire et m'entraîner moi-même, si…
Ah! quelle lumière intense! le globe éclate! nous sommes couverts par des jets de flammes!
Puis tout s'éteint. J'ai eu le temps de voir mon oncle étendu sur le radeau; Hans toujours à sa barre et «crachant du feu» sous l'influence de l'électricité qui le pénètre!
Où allons-nous? où allons-nous? ……………………………………………….
Mardi 25 août.—Je sors d'un évanouissement prolongé; l'orage continue; les éclairs se déchaînent comme une couvée de serpents lâchée dans l'atmosphère.
Sommes-nous toujours sur la mer? Oui, et emportés avec une vitesse incalculable. Nous avons passé sous l'Angleterre, sous la Manche, sous la France, sous l'Europe entière, peut-être! ……………………………………………….
Un bruit nouveau se fait entendre! Évidemment, la mer qui se brise sur des rochers!… Mais alors… ………………………………………………. ……………………………………………….
XXXVI
Ici se termine ce que j'ai appelé «le journal du bord,» si heureusement sauvé du naufrage. Je reprends mon récit comme devant.
Ce qui se passa au choc du radeau contre les écueils de la côte, je ne saurais le dire. Je me sentis précipité dans les flots, et si j'échappai à la mort, si mon corps ne fut pas déchiré sur les rocs aigus, c'est que le bras vigoureux de Hans me retira de l'abîme.