—Mais non, c'est bien simple; les Islandais ont souvent des armes de ce genre, et Hans, à qui celle-ci appartient, l'a perdue sur cette plage…

—Hans!» fit mon oncle en secouant la tête.

Puis il examina l'arme avec attention.

«Axel, me dit-il d'un ton grave, ce poignard est une arme du seizième siècle, une véritable dague, de celles que les gentilshommes portaient à leur ceinture pour donner le coup de grâce; elle est d'origine espagnole; elle n'appartient ni à toi, ni à moi, ni au chasseur!

—Oserez-vous dire?…

—Vois, elle ne s'est pas ébréchée ainsi à s'enfoncer dans la gorge des gens; sa lame est couverte d'une couche de rouille qui ne date ni d'un jour, ni d'un an, ni d'un siècle!»

Le professeur s'animait, suivant son habitude, en se laissant emporter par son imagination.

«Axel, reprit-il, nous sommes sur la voie de la grande découverte! Cette lame est restée abandonnée sur le sable depuis cent, deux cents, trois cents ans, et s'est ébréchée sur les rocs de cette mer souterraine!

—Mais elle n'est pas venue seule! m'écriai-je; elle n'a pas été se tordre d'elle-même! quelqu'un nous a précédés!…

—Oui, un homme.