A six heures, nous étions sur pied. Le moment approchait de nous frayer par la poudre un passage à travers l'écorce de granit.
Je sollicitai l'honneur de mettre le feu à la mine. Cela fait, je devais rejoindre mes compagnons sur le radeau qui n'avait point été déchargé; puis nous prendrions au large, afin de parer aux dangers de l'explosion, dont les effets pouvaient ne pas se concentrer à l'intérieur du massif.
La mèche devait brûler pondant dix minutes, selon nos calculs, avant de porter le feu à la chambre des poudres. J'avais donc le temps nécessaire pour regagner le radeau.
Je me préparai à remplir mon rôle, non sans une certaine émotion.
Après un repas rapide, mon oncle et le chasseur s'embarquèrent, tandis que je restais sur le rivage. J'étais muni d'une lanterne allumée qui devait me servir à mettre le feu à la mèche.
«Va, mon garçon, me dit mon oncle, et reviens immédiatement nous rejoindre.
—Soyez tranquille, mon oncle, je ne m'amuserai point en route.»
Aussitôt je me dirigeai vers l'orifice de la galerie, j'ouvris ma lanterne, et je saisis l'extrémité de la mèche.
Le professeur tenait son chronomètre à la main.
«Es-tu prêt? me cria-t-il.