—Oui, si rien ne nous arrête, si ce puits a une issue! Mais s'il est bouché, si l'air se comprime peu à peu sous la pression de la colonne d'eau, si nous allons être écrasés!

—Axel, répondit le professeur avec un grand calme, la situation est presque désespérée, mais il y a quelques chances de salut, et ce sont celles-là que j'examine. Si à chaque instant nous pouvons périr, à chaque instant aussi nous pouvons être sauvés, Soyons donc on mesure de profiter des moindres circonstances.

—Mais que faire?

—Réparer nos forces en mangeant.»

A ces mots, je regardai mon oncle d'un oeil hagard. Ce que je n'avais pas voulu avouer, il fallait enfin le dire;

«Manger? répétai-je.

—Oui, sans retard.»

Le professeur ajouta quelques mots en danois. Hans secoua la tête.

«Quoi! s'écria mon oncle, nos provisions sont perdues?

—Oui, voilà ce qui reste de vivres! un morceau de viande sèche pour nous trois!»