—Prendre un parti? répliquai-je.

—Oui. Il faut réparer nos forces, si nous essayons, en ménageant ce reste de nourriture, de prolonger notre existence de quelques heures, nous serons faibles jusqu'à la fin.

—Oui, jusqu'à la fin, qui ne se fera pas attendre.

—Eh bien! qu'une chance de salut se présente, qu'un moment d'action soit nécessaire, où trouverons-nous la force d'agir, si nous nous laissons affaiblir par l'inanition?

—Eh! mon oncle, ce morceau de viande dévoré, que nous restera-t-il?

—Rien, Axel, rien; mais te nourrira-t-il davantage à le manger de tes yeux? Tu fais là les raisonnements d'homme sans volonté, d'un être sans énergie!

—Ne désespérez-vous donc pas? m'écriai-je avec irritation.

—Non! répliqua fermement le professeur.

—Quoi! vous croyez encore à quelque chance de salut?

—Oui! certes oui! et tant que son coeur bat, tant que sa chair palpite, je n'admets pas qu'un être doué de volonté laisse en lui place au désespoir.»