«Ah! mon cher Axel, me dit-elle, je vois que tu te portes mieux et que la nuit t'a calmé.
—Calmé!» m'écriai-je.
Je me précipitai vêts mon miroir. Eh bien, j'avais moins mauvaise mine que je ne le supposais. C'était à n'y pas croire.
«Axel, me dit Graüben, j'ai longtemps causé avec mon tuteur. C'est un hardi savant, un homme de grand courage, et tu te souviendras que son sang coule dans tes veines. Il m'a raconté ses projets, ses espérances, pourquoi et comment il espère atteindre son but. Il y parviendra, je n'en doute pas. Ah! cher Axel, c'est beau de se dévouer ainsi à la science! Quelle gloire attend M. Lidenbrock et rejaillira sur son compagnon! Au retour, Axel, tu seras un homme, son égal, libre de parler, libre d'agir, libre enfin de…»
La jeune fille, rougissante, n'acheva pas. Ses paroles me ranimaient. Cependant je ne voulais pas croire encore à notre départ. J'entraînai Graüben vers le cabinet du professeur.
«Mon oncle, dis-je, il est donc bien décidé que nous partons?
—Comment! tu en doutes?
—Non, dis-je afin de ne pas le contrarier. Seulement, je vous demanderai ce qui nous presse.
—Mais le temps! le temps qui fuit avec une irréparable vitesse!
—Cependant nous ne sommes qu'au 26 mai, et jusqu'à la fin de juin …