La machine dont il s'agit peut être desservie par quatre femmes; deux doivent suffire à la préparation des peaux, la troisième pour les passer à la machine, et la quatrième pour séparer les diverses qualités de poils obtenus de la peau, et mettre les poils en paquets.

La journée de chacune d'elles peut être évaluée à 1 fr. 25 centimes................. 5 fr.

Intérêt par jour, des frais d'acquisition
sur 400 francs, prix de la
machine............................ » 5
Frais d'entretien aussi par jour. » 2 7c.
____________
40 livres 10 onces auraient donc »
coûté de manutention............ 5 7c.

Ce qui portait la livre de poils à environ douze centimes et demi, tandis que les quarante livres dix onces de poils, extraites par le procédé actuel, auraient coûté 28 francs 60 centimes de manutention, et l'emploi de vingt-cinq ouvrières par jour.

Enfin, les peaux peuvent être passées ou non à la dissolution mercurielle, pour être rasées à la machine.

D'après ces résultats avantageux et incontestables, le comité, convaincu que la machine présentée remplit toutes les conditions voulues par le programme, a l'honneur de vous proposer de décerner le prix de 1,000 francs à M. Coffin, mécanicien à Boston, aux États-Unis d'Amérique, inventeur de la machine présentée au concours.

Avant de terminer ce rapport, nous croyons devoir, messieurs, vous proposer d'adresser des remerciemens à M. Malard, pour les utiles renseignemens que cet habile fabricant de chapeaux s'est empressé de fournir sur l'état actuel de son art, et comme appréciateur éclairé des nouveaux moyens que la société vient d'acquérir pour le perfectionner.

Approuvé en séance générale, le 16 décembre 1829. Signé, Molard, rapporteur.

Mélange des matières.

La beauté et la qualité des chapeaux dépend de la nature, de la beauté et des proportions des poils employés sécrétés, et de celui qui ne l'est pas, et qu'on nomme veule. Ainsi, dans la composition de mélange des matières premières, le fabricant les règle, 1º suivant le degré de finesse qu'il se propose de donner aux chapeaux; dans ce cas il recherche les bonnes espèces et les belles qualités de poils; 2º suivant le temps qu'on doit employer à leur travail; ce temps est relatif aux proportions de poil sécrété et de veule [20] ; 3º suivant le degré de liaison exigé par les feutres. Ce cas se règle sur l'usage auquel on les destine et leur dimension quand ils sont fabriqués. On le leur communique par l'addition des matières en laine qu'on nomme charge, et dont les proportions varient entre un neuvième au moins et un quart au plus du poids du mélange. Il est bien essentiel d'employer une qualité de laine dont la beauté soit relative à celle des autres matières employées, ou, si l'on veut, à leur finesse. Ainsi, 1º quand il entre dans le mélange beaucoup de poil commun, on emploiera la laine grossière ou les pelotes; 2º on prendra le poil de chameau pour charge des mélanges plus fins; 3º pour ceux qui contiennent le poil le plus fin de chaque espèce, c'est la plus belle laine vigogne rouge bien épluchée qui devra former la chaîne; 4º enfin, pour les plus fins, quand on n'emploie pas de castor, c'est toujours le poil de l'arête de lièvre qu'on prend; on y ajoute environ un quart d'once de belle vigogne rouge, pour en former la chaîne. Les mélanges des matières diffèrent donc suivant la qualité des chapeaux. Nous pouvons ajouter que chaque fabricant a les siens, qu'il croit toujours les meilleurs. Règle générale, on doit, sur ce point, tenir note de tous les essais que l'on fait sur un registre particulier, et suivant les formules suivantes indiquées par M. Morel.