S. E. LE Dr MICHEL VOUITCH
Ministre des Affaires Etrangères,
Président du Conseil des Ministres de S. M. le Roi.
En M. Vouitch nous saluons un partisan sincère d'une politique d'entente cordiale entre les peuples Balkaniques et avant tout entre la Serbie et le pays-frère de Monténégro.
M. Vouitch, ancien Ministre de Serbie à Paris, est un des hommes d'Etat les plus sympathiques et les plus importants de la Serbie. Il s'est fait un nom et a acquis une compétence indiscutable comme financier.
Il a publié de nombreux ouvrages économiques dont le plus important est intitulé «Théorie de l'économie politique» et a été traduit dans toutes les langues slaves.
M. Vouitch fut, au début de sa carrière, professeur de littérature politique et de finances à la Haute Ecole de Belgrade. Il devint pour la première fois Ministre des Finances en 1887. Il le fut encore à deux reprises depuis lors. Les services qu'il rendit, en cette qualité, à son pays sont considérables. Il introduisit des réformes remarquables: c'est lui qui, en consolidant la dette flottante, trouva de nouvelles ressources financières; il acheta les chemins de fer et le monopole des sociétés étrangères, etc.
Comme diplomate, appelé à l'honneur de représenter en France S. M. le Roi de Serbie, il sut devenir en quelques mois une véritable personnalité parisienne, chose passablement difficile non seulement à un homme d'Etat oriental, mais même aux représentants des grandes puissances près de la République française.
M. Vouitch est un homme extrêmement pondéré, expérimenté autant que raisonnable. En sa double qualité de savant et de diplomate, il connaît tout le prix du juste milieu et de la modération; il n'est guère probable qu'il s'en écarte dans l'avenir, quand il ne s'en est jamais départi dans le passé. Il a été et il est encore radical, comme beaucoup d'entre les meilleurs patriotes serbes; mais son radicalisme n'a rien de fougueux, rien de militant et il partage complètement aujourd'hui les vues du roi Alexandre, à qui il est dévoué corps et âme, sur l'absolue nécessité de tenir le gouvernement du royaume au dessus des querelles des partis et de suivre une politique purement et simplement nationale et dynastique.