L'amont pendage, c'est-à-dire, l'élévation de la mine est à l'ouest, du côté de la Hesbaye; elle se perd également dans les parties supérieures des communes de Hollogne-aux-pierres, d'Ans et de Vottem.
Le canton le plus abondant et que l'on peut considérer comme le centre du bassin, est bien celui de Saint-Gilles. Là, la première veine est à 21 pieds de profondeur.
En suivant cette Zone houillière d'amont en aval, on trouve : 1°. l'arène Dordenge, 2°. l'arène Blavier, 3°. l'arène Falloise et Borret, 4°. l'arène de St-Hubert, 5°. l'ancienne arène d'Avroy, 6°. l'arène Gersonfontaine, 7°. l'arène du Val St-Lambert, 8°. l'arène de la Cité, divisée en deux branches, l'une dite Chevron, l'autre dite Delle-Haxhe, 9°. l'arène messire Louis Douffet, 10°. l'arène de Richonfontaine, 11°. l'arène Brosdeux, 12°. l'arène Brandesire, 13°. l'arène de l'Aventure, 14°. l'arène du Marteau, 15°. l'arène dite Xhorré-Godin. L'ordre dans lequel je viens de désigner ces quinze arènes, indique aussi entre elles le degré de leur niveau; c'est-à-dire, que la première est supérieure à la seconde, la seconde à la troisième et ainsi de suite. Il existait anciennement d'autres arènes intermédiaires, savoir : une à Sclessin, une dite Constant Lambermont, qui avait son oeil,
[30] dans le bien des Guillemins sur Avroi; les monastères du Val-Benoît, de Robermont, de Vivegnis avaient aussi leur arène.
Parmi les arènes dont la nomenclature précède, il en est quatre que l'on désigne sous le nom d'arène franches, parce que, fournissant les eaux aux fontaines de la ville de Liége, elles étaient placées plus spécialement sous la Sauve-Garde des Lois. La ville de Liége avait un syndic chargé de poursuivre devant les Tribunaux, les atteintes que la malveillance ou la cupidité y auraient portées.
Les quatre arènes franches, sont celles du Val St-Lambert, de la Cité, de messire Louis Douffet et de Richonfontaine. Les droits de leurs propriétaires sont les mêmes que ceux des autres arènes que l'on a distinguées par la dénomination singulière d'arènes Bâtardes.
La plus inférieure des arènes franches, celle de Richonfontaine, a son bassin de décharge dans la rue de la Mère-Dieu, près de l'église St-Antoine. Ses eaux sont conduites sur les fontaines publiques et privées des rues Hors-Château, Feronstrée, la Batte et St-Léonard. Elle est séparée de l'arène Brosdeux et de l'arène messire Douffet, par deux failles qui lui servent de limites naturelles. Le district de cette arène est fort étendu par la raison, disent les Voir-Jurés, "qu'elle a existé avant nulle autre." (1)
(1) L'arène Blavier qui existait avant 1471, a aussi un district plus étendu.
[31] L'arène de Richonfontaine domine le faubourg de Ste-Walburge, Pierreuse, la Citadelle, Hors-Château, le faubourg Vivegnis, les Tawes, le tout en de-çà de la faille qui la sépare de l'arène Brosdeux, les terreins du ci-devant collège des Jésuites Anglais, et va finir vers l'occident à l'endroit dit : Molenvaux, commune d'Ans, où se trouve à proximité des arènes du Val-St-Lambert et de la Cité.
L'arène franche de messire Douffet, dont l'embouchure et la décharge sont dans le bassin qui existe dans la Ruelle Chabot, contigue à la Table de Pierre, a un district très-borné comparativement à celui des autres. Elle est resserrée entre les arènes de la Cité et de Richonfontaine.