M. Hébert a fait ses preuves; c'est lui qui a exécuté sous la direction de son maître distingué, M. Bourassa, la magnifique statue de Notre-Dame de Lourdes. Il se mit à l'oeuvre et remplit les conditions de son contrat. Dans le mois de mars mil huit cent quatre vingt-un, la statue, exposée dans une vitrine sur la rue Notre-Dame, attirait l'admiration générale. Voici la description que la Minerve en faisait à cette époque. "La statue est en bronze. Elle est en pied et mesure six pieds et demi, y compris le socle. Le héros est debout, appuyé sur la jambe gauche. La position est celle du militaire au repos. Attitude calme et noble, assurée, sans jactance, tel qu'il convient à un héros. La tête est droite, le regard porté en avant, comme contemplant le champ de bataille."
"Ses deux mains se croisent sur la poignée du sabre, dont la pointe repose sur le socle. Le manteau militaire, attaché sur les épaules et rejeté en arrière, vient se replier sur la bouche d'un canon place à la gauche."
"La base est d'une grande simplicité mais très élégante dans la forme. Elle appartient au style dorique, arec écusson portant les armes de la famille du héros, celles de Chambly et de la province de Québec. Sur la face principale est inscrit:—Au héros de Châteauguay, 26 Octobre 1818.—"
"Au bas de cette inscription est un trophée composé du drapeau des Voltigeurs d'une branche de laurier et d'une couronne. Le monument, statue et piédestal compris, aura une hauteur de vingt-sept pieds."
Enfin, le sept juin mil huit cent quatre vingt-un, l'inauguration du monument avait lieu à Chambly. Jamais ce village n'avait vu et ne verra probablement réunion plus imposante, spectacle plus grandiose. Le gouverneur-général, le marquis de Lorne, le lieutenant-gouverneur, T. Robitaille, plusieurs membres du gouvernement, grand nombre de militaires, de prêtres et de députés, des représentants de nos sociétés nationales, les hommes les plus marquants de notre société s'étaient donné rendez-vous à cette belle fête.
Chambly, de loin, ressemblait à un immense pavillon couvert de drapeaux de verdure et de fleurs.
Le 65° bataillon, sous le commandement du lieutenant-colonel Ouimet, fut naturellement le premier rendu sur les lieux avec sa belle musique et les officiers de la Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Presqu'en même temps, arrivaient son Honneur le lieutenant-gouverneur de Québec et madame Robitaille qui passèrent une partie de l'avant-midi à visiter les principaux établissements de l'endroit, l'hôpital, le collège et le couvent (les Dames de la Congrégation) où une adresse charmante fut présentée à madame Robitaille qui répondit en termes non moins charmants.
Vers midi et demi un superbe goûter, ordonné par les officiers du 65°, fut servi, dans une des salles des casernes, à tout le bataillon et à bon nombre d'invités, au nombre desquels étaient sir Hector Langevin, les honorables MM. Caron, Mousseau, MM. Mercier, M. P. P., Coursol, M. P., Ryan, M. P., Bergeron, M. P., Préfontaine, M. P. P., Benoît, M. P., M. Dr Mount, vice-président de la Société-Saint Jean-Baptiste de Montréal, le colonel Brosseau, du 88°, le colonel Doherty, du 81° le colonel Houde, du 86°, les lieutenants Thibeaudeau et Garneau, de la batterie de campagne de Québec, le lieutenant Hudon, de l'artillerie de garnison de Québec, le colonel Crawford, les capitaines Lyman, Caverhill et McCorkill, et les lieutenants Hood, Crawford et Lithgow, du 5° Royaux Écossais, le capitaine Blackrock, et le lieutenant Patterson, du 6° Fusiliers, les capitaines Henshaw et Davies, des Carabiniers Victoria, et d'autres dont les noms nous échappent.
Le Sorelois arrivait, ayant à son bord Son Excellence le gouverneur-général et sa suite, qui se composait du colonel de Salaberry et de Mme de Salaberry, de Mme Hatt, de Mme Smyth, de Mme Lindsay, de M. et Mme G. Bossé, de Mlle de Salaberry, du colonel Duchesnay, député-adjudant général du 7° district, du capitaine Chater, aide-de-camp de son Excellence, de MM. O. et H. de Salaberry, du capitaine Campbell et de Mme Campbell, de M. et Mme Russell Stephenson.
M. Willett, maire de Chambly, lut une adresse à Son Excellence, puis le gouverneur, escorte du 65e, etc., fît le tour du village, et rendu au Carré Fréchette, le marquis de Lorne prit place sur une estrade élevée à côté du monument, avec bon nombre de dames et d'autres invités. Le Dr Martel lui lut une adresse à laquelle Son Excellence fit l'éloquente réponse qui suit: