Je suis certain qu'il y a un Dieu en haut, comme je suis certain que je suis ici bas: ma certitude est la même. Comment serois-je autrement sur la terre? dites-moi, comment j'y suis venu, comment j'y suis? ce n'est pas de moi-même.

Dieu existe: il doit aimer la vertu, et détester le vice. Il doit, en conséquence, récompenser et punir. Si nous ne lui devons aucun compte, nous sommes les plus singuliers animaux qui soient sur la surface de la terre.

Lorsque l'ame a pris son vol, et qu'elle a laissé le corps se résoudre en la poussière du tombeau, la vaine philosophie du siècle combattra-t-elle la résurrection de l'homme? Consulte, raisonneur, une chenille; et le papillon résoudra ta question. Vois-la d'abord, inerte, paresseuse, rampant lentement sur la terre, et se nourrissant de l'herbe des champs. Après sa métamorphose, et sa résurrection, c'est un Séraphin aîlé: il est glorieux, léger comme l'air, actif comme le vent; il aspire la rosée de l'aurore; il extrait des fleurs aromatiques, le nectar et l'ambroisie.

La fable de l'hydre est depuis long-temps vérifiée: elle est, dis-je, surpassée au-delà même des bornes que l'imagination la plus extravagante lui auroit données par la réalité du polype, qui engendre de ses sections. Les analogies de la nature démontrent par-tout les voies de la providence.

Trouverons-nous sans cesse impossible ce à quoi notre insuffisance ne peut atteindre? n'y a-t il pas dans la nature des mystères sans nombre que les événemens révèlent, ou que la philosophie expérimentale démontre chaque jour? présumerons-nous, après cela, de limiter les pouvoirs de l'auteur même de la nature?

Qui a créé la matière? qui lui a donné le mouvement? qui a ajouté les sensations à la matière, et au mouvement? qui a surajouté à toutes ces qualités la pensée, l'intelligence et la réflexion? qui a fait tout cela? Incrédules, qui l'a fait? vous ne parlez pas? restez donc muets.

1o. Leuwenhoeck, avec le secours de son microscope, montre, dans le corps humain, de certaines fibres si menues qu'il en faudroit rassembler six cents pour faire la grosseur d'un cheveu.

2o. Il démontre encore, avec le même instrument, qu'un grain de sable est assez volumineux pour couvrir cent vingt mille pores, par lesquels nous transpirons.

3o. On peut faire de la glace dans l'été, pourvu que l'eau qu'on emploie, soit auprès du feu.

4o. Une lentille de glace brûle comme une lentille de verre.