CHAPITRE LXXVIII.
Les Critiques.

Au reste, ne prenez pas ceci pour une digression; je ne fais encore que m'y préparer, en attendant le soixante-dix-neuvième chapitre; et je puis employer celui-ci à ce qu'il me plaira.—Voyons;—j'ai vingt sujets pour un:—je pourrois écrire mon chapitre des boutonnières,—ou mon chapitre des fi, qui doit le suivre immédiatement.—

Ou mon chapitre des nœuds, sous le bon plaisir du clergé; mais tout cela pourroit mal tourner pour moi. Ce que j'ai de mieux à faire, c'est de suivre la méthode de quelques savans, et de me faire à moi-même des objections contre ce que j'ai écrit; quoique je déclare d'avance que je ne sais pas plus que mes pantoufles comment y répondre.

O que de critiques vont pleuvoir sur mon livre! «C'est une satyre enragée, dira quelqu'un, aussi noire que l'encre dont l'auteur se sert, et digne en tout de Thersite.—C'est un libelle atroce, et tous les blanchissages et savonnages du monde n'y font rien.—D'ailleurs, plus le drôle est déguenillé, plus les sarcasmes viennent en foule au bout de sa plume.»

A cela je n'ai qu'une réponse prête, au moins pour le moment.—C'est que l'archevêque de Bénévent composa son indécent roman de Galathée en habit violet, veste et culottes violettes; ce qui prouve que l'habit ne fait pas tout.—

«Mais, dit le critique, vous ne pouvez pas nier que la recette du rasoir que vous indiquez n'ait un grand défaut,—le manque d'universalité. La loi invariable de la nature rend ce secret inutile à toute une moitié du genre humain.»—

Tout ce que je puis dire là-dessus, c'est que les écrivains femelles, Angloises et Françoises, feront bien d'aller sans barbe.—

Quant aux Espagnoles, elles iront comme elles voudront.

CHAPITRE LXXIX.
Elle est faite.

Le voici enfin arrivé ce soixante-dix-neuvième chapitre!—que produira-t-il? Rien,—qu'une triste réflexion sur la vîtesse avec laquelle nos plaisirs nous échappent en ce monde.