«Vous mettrez le doigt dessus, dit mon oncle Tobie.—Sainte Vierge, je n'y toucherai pas, dit en elle-même Mistriss Wadman!»

Ceci demande une nouvelle traduction; et nous montre à combien d'erreurs les mots nous induisent. Il faut toujours remonter à leur source pour les entendre.

Or, pour éclaircir le brouillard qui règne sur les trois dernières pages, j'ai besoin d'être moi-même aussi clair qu'il me sera possible.—

Frottez-vous le front par trois fois, mes bons amis;—toussez,—crachez,—mouchez-vous;—bon!—éternuez, mes enfans;—à merveille, Dieu vous bénisse!

Maintenant, aidez-moi si vous le pouvez.

CHAPITRE LXXXV.
La Revue.

Comme il y a cinquante motifs différens, tant de l'ordre civil que de l'ordre religieux, pour lesquels une femme peut prendre un mari, elle commence par les considérer et les peser soigneusement tous ensemble; ensuite elle les distingue, les sépare, et cherche à démêler dans son esprit lequel de tous ces motifs est le sien. Ensuite, par propos, enquêtes, raisonnemens, inductions, elle cherche à s'assurer si elle a choisi le bon. Enfin, elle essaie, elle éprouve, elle veut voir si elle ne s'est pas trompée.—

L'allégorie de Slawkenbergius sur ce sujet, au commencement de sa troisième décade, est si originale, et mon respect pour les dames est si profond, que jamais je n'oserai la leur dire; et c'est dommage, car elles en riroient.

Elle arrête le premier âne, dit Slawkenbergius, et le tient par le licou, de crainte qu'il ne lui échappe; puis elle plonge sa main jusqu'au fond du panier pour y chercher… et quoi?—Ma foi, dit Slawkenbergius, ce n'est pas le moyen de l'apprendre que de m'interrompre.—

Je n'ai rien, ma bonne dame, dit l'âne; je porte des bouteilles vides.