La providence a sûrement donné la mauvaise humeur aux vieillards et aux malades, par compassion pour les amis et les parens qui doivent leur survivre: il étoit naturel qu'elle cherchât à diminuer le regret de leur perte.

Pardonner à ses ennemis est le plus grand effort de la morale payenne: rendre le bien pour le mal étoit une vertu réservée au christianisme.

La potence, ainsi que l'arbre défendu du paradis terrestre, donne la mort et la science.

La vérité dans un puits et la vérité dans le vin, signifient la même chose: il ne faut dire son secret qu'à un homme sobre.

Les bons écrits sont comparables au vin: le bon sens en est la force; et l'esprit, la saveur.

Le respect pour nous-mêmes, voilà la morale: la déférence pour les autres, voilà les manières.

Les amoureux s'expriment fort bien quand ils parlent d'échanger leurs cœurs. La passion enchanteresse de l'amour dénature effectivement le caractère des deux sexes. Elle donne de l'esprit à la bergère, de la douceur au berger; elle échange enfin entr'eux le courage et la timidité.

Quand le malheur est suspendu sur ma tête, je m'écrie: Dieu, préserve-m'en. Quand il me frappe: Dieu, soit loué.

Le courage et la modestie sont les deux vertus les moins équivoques, parce que l'hypocrisie ne sauroit les imiter.

Elles ont encore cette propriété, qu'elles s'annoncent en nous par la même couleur.