Les majestueuses cimes encadrent l’horizon d’une muraille d’améthyte et de lapis, de sommets que hantent les vautours et qu’habite l’indéfectible hiver. Mais la plaine est à leurs pieds, d’un charme infiniment doux, avec je ne sais quel agrément sauvage qui préserve de toute fadeur ce climat délicieux. Qui l’a connu, aimé, aux heures de la jeunesse, qui, libre d’ambition, exempt de soucis et gonflé de sève comme les tilleuls de Messidor a, sous leurs dômes pacifiques, goûté l’enivrement du matin, la beauté païenne, les souffles vierges de la montagne, en rapporte — je le sais ! — pour les heures mornes et le crépuscule de la Vie, une allégresse qui ne meurt pas. Tels ces pasteurs des contes bleus qui, sur le coup de minuit, à la Saint-Jean d’été, ont reçu d’une fée amicale, sous les branches odorantes, le philtre suprême, l’élixir de jouvence éternelle et d’indestructible amour.

Bagnères-de-Bigorre, le 12 juillet 1914.

APPENDICE

[P. 15.] — « Le lendemain de la Noël, mené dans le sanctuaire… »

PROSE DE L’ASNE

Orientis partibus

Adventavit Asinus

Pulcher et fortissimus,

Sarcinis aptissimus.

Hez ! sire Asnes, car chantez