Je dois dire qu’il ne m’est jamais rien arrivé de semblable. Pourtant, il s’appuyait familièrement à mon bras, et, l’ayant souvent aidé à mettre son manteau, j’ai dû l’effleurer plusieurs fois. Je savais du reste qu’il avait horreur du moindre attouchement et, peut-être, ai-je été toujours excessivement prudent.

Renan dit quelque part: «Nolli me tangere, c’est le mot des belles amours...»

Ne me touchez pas! Ce cri, dans un recul, me semble aujourd’hui la devise même de l’artiste. Ne signifie-t-il point: Je tâtonnerai, le chemin sera difficile, et, souvent, je manquerai de tomber, mais je ne veux d’aucun secours, je n’ai besoin de personne, et les plus grands ne sont pas capables de me soutenir!...

VIII
Cézanne parle...

(Je publie, dans ce chapitre, des notes recueillies par le fils même de Cézanne, et je n’y ajoute pas une ligne de mon encre, ne voulant pas toucher aux pensées, aux réflexions et aux affirmations du peintre...)

I