PAR
LE PÈRE DEBREYNE
Trappiste

(Ce livre est exclusivement destiné au clergé)

MŒCHIALOGIE[1]

[1] Ce mot vient du substantif latin mœchia qui veut dire : luxure, fornication, concubinage, et du substantif grec logos, qui veut dire : discours, science, traité. Mœchialogie signifie donc : Cours de luxure ou Science de la fornication.

COURS DE LUXURE

RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES
SUR LE PÉCHÉ DE LUXURE EN GÉNÉRAL

On entend par luxure tout péché contraire à la chasteté : à la chasteté est opposée la luxure, qui est un appétit ou un usage désordonné des plaisirs vénériens ou, tout simplement, un appétit désordonné de la délectation vénérienne.

Tout péché de luxure ou de délectation charnelle est mortel de sa nature : il n’admet pas de légèreté de matière, du moins quand il est directement opposé à la chasteté… La raison elle-même sanctionne cette immuable vérité ; la délectation vénérienne n’a été accordée que pour la seule propagation du genre humain ; donc toute interversion de cette délectation est, de sa nature, un grave désordre et par conséquent un péché mortel.

Nous avons dit que le péché de luxure n’admet pas de légèreté en la matière. On sent assez que, sous ce rapport, il ne peut être question ici des péchés de luxure consommés. Nous ne parlons donc que de la délectation charnelle, libidineuse, qui suivant le langage des théologiens se fait sentir dans les parties vénériennes, et vient du mouvement des esprits qui servent à la génération. « C’est une opinion probable qu’il n’y a que péché véniel dans un baiser donné en vue de la délectation charnelle et sensible qui l’accompagne, exclus le danger d’un consentement ultérieur et de la pollution. »

La délectation organique est celle qui, disent les docteurs, a lieu sans aucun mouvement déréglé, qui, sans aucune commotion du sens génital, vient de la seule proportion de l’objet avec le sens ou de la conformité de l’objet vu ou touché avec l’organe de la vue ou du tact.