Voici, maintenant, l’opinion d’un théologien fort sage et fort prudent :
La pollution commencée dans le sommeil ne peut être continuée dans l’état de veille, d’après beaucoup de théologiens, contre un assez grand nombre d’autres qui disent qu’à cause des inconvénients pouvant provenir de son interruption, on peut en permettre simplement la continuation en élevant son cœur à Dieu. C’est l’avis de Gerson, de Billuart, etc…, parce que, disent-ils, outre les inconvénients et les indispositions qui en résulteraient pour le corps, la pollution commencée pendant le sommeil n’est plus soumise à la volonté. Mais cette raison n’emporte pas l’assentiment. Je ne serais de l’avis de ces théologiens que dans le cas, rare, où il y aurait danger d’en ressentir une grave indisposition, et sans danger de consentement en une matière si délicate ; peut-être d’ailleurs ne suffirait-il pas de n’y pas consentir, si en même temps on ne cherchait à l’empêcher par quelque effort, par exemple, en retenant l’éjaculation, en cherchant dans son lit un endroit frais, en sortant du lit ; de même si la pollution arrive dans l’état de veille.
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Nous terminons cette question par l’extrait suivant de Billuart :
Il est certain : 1o Qu’il y a péché mortel à jouir de la pollution nocturne, ou de la désirer pour le plaisir, parce qu’alors l’objet est mortellement mauvais, puisque la délectation vénérienne ne doit tendre de sa nature qu’à la seule génération dans l’acte conjugal.
Il est certain : 2o Que le désir efficace de la pollution, c’est-à-dire celui qui la cause, ou en vertu duquel on emploie les moyens propres à l’occasionner, est également péché mortel, parce qu’alors elle devient volontaire et ne reste pas purement naturelle.
Il est certain : 3o Qu’il est permis de jouir de l’effet bon de la pollution, comme de la santé ou de la cessation de la tentation qu’elle cause, ainsi que de désirer cet effet, parce que cet objet est bon. Pour la même raison, il est permis de se réjouir de ce que la pollution a eu lieu sans péché et purement naturellement.
Section quatrième
DE LA POLLUTION DIURNE
La pollution (ou masturbation) diurne est celle qui a lieu pendant le jour, ou plus généralement et plus exactement dans l’état de veille.