« L’homme, selon Sylvius et autres, dit Billuart, ne paraît pas tenu de déclarer en confession s’il a forniqué avec une prostituée ou une autre femme, pourvu qu’il déclare le nombre ; parce que, disent-ils, cette circonstance n’est pas notablement aggravante, peut-être parce que l’acte en lui-même est génératif, et que c’est seulement par accident, par suite de la condition de la personne que la génération est empêchée, comme dans le cas où on forniquerait avec une vieille, ou une femme stérile. Quelques-uns cependant prétendent que le fornicateur est tenu de déclarer la circonstance de la prostitution, parce que, disent-ils, dans une telle fornication, on n’empêche pas seulement le bien des enfants à naître, mais on empêche encore qu’il en naisse. Cette dernière opinion est la plus sûre. »
Il ne sera peut-être pas hors de propos de parler ici d’un certain moyen employé par quelques-uns, quand ils approchent des prostituées et peut-être aussi des autres femmes, pour se garantir de la maladie syphilitique. Cette invention ignorée de quelques confesseurs, en protégeant de la contagion morbide, est nécessairement en même temps un obstacle à la conception ou à la génération, quand même l’accouplement semble être extérieurement normal et s’accomplit sans que l’un ou l’autre se retire. — Cet obstacle est souvent employé de la part de la femme, qui n’a en vue que d’empêcher la conception, puisque ce moyen ne la garantit aucunement de la contagion.
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On peut demander aux fornicateurs, au moins à ceux qui paraissent ou passent pour tout à fait corrompus, s’ils ne se sont pas servi d’un moyen secret pour empêcher la conception ; et surtout si l’homme n’a pas cherché à éviter la contagion et par quel moyen. Il faut que l’on sache qu’il ne s’agit pas ici de l’onanisme proprement dit, où, comme il arrive si souvent et si misérablement dans l’acte conjugal, l’homme se retire avant l’effusion du sperme.
Quant aux autres empêchements connus des femmes, comme d’uriner après le coït, et autres efforts pour rejeter le sperme, on doit les regarder généralement comme vains et inutiles ; cependant elles sont gravement coupables, puisqu’elles se proposent une fin mauvaise, celle d’empêcher la conception.
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Il faut demander aux fornicateurs : si avant l’accouplement, ils l’ont désiré avec délectation ; s’ils ont entraîné leur complice au crime ; s’ils lui ont promis mariage ; s’ils n’ont pas promis par serment, et fait la même promesse à plusieurs ; s’ils ont péché par habitude avec scandale ; combien de fois ils ont renouvelé le crime ; si, l’acte consommé, ils se sont livrés à d’autres turpitudes ; s’ils n’ont rien fait pour empêcher la conception.
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Si le pénitent, dit Collet, ne parle que du fait de l’accouplement, il faut l’interroger sur son état et celui de sa complice, s’il est marié, si sa complice est mariée, s’ils sont consanguins ou parents par affinité, etc…
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