§ III

DU RAPT

Le rapt, selon quelques théologiens, est la violence faite à une personne ou à ses parents, en vue de la satisfaction d’une passion libidineuse, ou, comme l’indique le mot, l’enlèvement violent d’une personne d’un lieu dans un autre, pour satisfaire sa passion ou contracter mariage avec elle.

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Tout rapt n’a pas la même gravité. Voici, selon Collet, la gradation de gravité dans les rapts de femmes : le péché le plus grave est le rapt d’une religieuse, puis celui d’une femme qui a fait un simple vœu de chasteté. Vient ensuite le rapt d’une consanguine ou parente par affinité ; enfin celui d’une femme mariée, d’une vierge, d’une veuve et d’une prostituée. Sylvius ajoute que le péché sera beaucoup plus grave si un mâle enlève un mâle, une femelle, une femelle en vue d’un abominable libertinage, etc.

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La fornication avec une femme endormie ou ivre, ou avec une jeune fille n’ayant pas l’usage de sa raison, ou n’ayant aucune connaissance de ce crime, peut se ramener au rapt, quoiqu’il n’y ait pas rapt proprement dit, mais plutôt tromperie.

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Il faut rechercher maintenant comment doit se conduire une femme soumise à la violence, pour ne pas pécher devant Dieu. Billuart répond en ces termes : 1o elle ne doit pas consentir intérieurement à la délectation, mais la repousser positivement ; 2o extérieurement elle doit résister positivement au séducteur par tous les efforts et mouvements du corps : coups de poing, soufflets, cris, s’il y a quelque espoir de secours ; en un mot, par tout ce qu’elle peut faire moralement et raisonnablement, autrement si elle ne fait pas tout ce qu’elle peut et doit pour l’empêcher, elle est censée consentir.

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