Du fond de l'abîme, Jésus clame vers Son Père, et cette clameur éveille, dans les entrailles les plus intimes des gouffres, — infiniment au dessous de ce qui peut être conçu par les Anges, indiciblement plus bas que tous les pressentiments et tous les mystères de la Mort, — le très-étouffé, le très-lointain, le très-pâle gémissement de la Colombe du Paraclet qui répercute en écho le terrible De profundis.
Et tous les bêlements de l'Agneau vibrent ainsi dans la Fosse épouvantable, sans qu'il soit possible de supposer une seule plainte exhalée par le Fils de l'Homme qui ne retentisse pas identiquement dans les impossibles exils où s'accroupit le Consolateur…
LE
SALUT PAR LES JUIFS
Ex quibus Christus secundum carnem.
Rom. IX, 5.
I
Salus ex Judæis est. Le Salut vient vient des Juifs![1]
[1] Salus EX Judæis, QUIA Salus A Judæis. Réponse à un tout petit docteur qui contestait ma traduction.
J'ai perdu quelques heures précieuses de ma vie à lire, comme tant d'autres infortunés, les élucubrations anti-juives de M. Drumont, et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre Seigneur Jésus-Christ, rapportée par saint Jean au chapitre quatrième de son Évangile.
Si ce journaliste copieux daigna jamais s'enquérir des Textes sacrés et s'il est en mesure de démontrer, pour ma confusion, que ce précepte considérable est mentionné dans tel ou tel des volumineux pamphlets dont il assomme régulièrement les peuples chrétiens, — il faut dire alors que cet hommage au Livre saint est si merveilleusement aphone, pénombral, rapide et discret qu'il est presque impossible de l'apercevoir et tout à fait impossible d'en être frappé.
C'est quelque chose pourtant, ce témoignage du Fils de Dieu!