J'ai tellement coutume de porter le Repentir effrayant du Jéhovah, « ennuyé d'avoir fait les hommes et les animaux »,[55] et on voit si bien que je le porte en la même façon que Jésus a porté les péchés du monde!

[55] Genèse, VI, 7.

C'est pourquoi je suis poussiéreux d'un très-grand nombre de siècles.

Je parlerai néanmoins avec une autorité de Patriarche inamissible, investi cent fois de l'élocution du Tout-Puissant.


Je n'aime pas beaucoup mes fils de Juda et de Benjamin pour avoir crucifié le Fils de Dieu. Ils sont bien la postérité de leurs deux ancêtres, engendrés de moi, que j'ai comparés jadis à deux animaux féroces.

Mais ils ont subi leur châtiment et je n'ai pas refusé d'être l'époux et le titulaire de leur excessive réprobation.

Me souvenant d'avoir perfidement spolié mon frère Ésaü, il était selon la justice que j'assumasse, jusque dans ma dernière descendance, la complicité d'une perfidie qui préparait le Salut du genre humain en me dépouillant moi-même de la domination sur tous les empires.

Il est vrai que ces misérables enfants ne savaient pas qu'ils accomplissaient ainsi la translation des images et des prophéties, et que, par leur crime sans nom ni mesure, s'inaugurait le Règne sanglant de la Seconde Personne de leur Dieu, succédant à la Première qui les avait tirés de la douloureuse Égypte.

Il faut bien qu'arrive désormais l'avènement de la Troisième dont l'EMPREINTE est sur ma Face, par qui tous les voiles seront déchirés dans tous les temples des hommes, et tous les troupeaux confondus dans l'Unité lumineuse.