Au revoir donc et à mercredi soir…
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J’aurai vu le père Sylvestre[1] mercredi.
[1] Le même Père franciscain qui administrait Barbey d’Aurevilly environ six mois auparavant, fut choisi par Léon Bloy pour donner à sa fiancée le premier enseignement de la religion catholique.
Je suis heureux aujourd’hui et plein d’espoir.
Ton Marie-Léon Bloy.
Mardi soir (le 5 novembre).
Jeanne, ma femme bien-aimée, mon très doux ange, tes lettres me font mourir de bonheur et d’amour. J’ai passé deux jours cruels hier surtout, rassure-toi pourtant, je ne suis pas sans espérance. Mais je suis navré de n’avoir pu répondre aujourd’hui à ta seconde lettre bénie. Je veux t’écrire en hâte dans un café où j’attends par force un ami qui ne vient pas, hélas ! Si je n’ai ni le temps ni la disposition d’esprit pour mettre en ordre mes pensées, je veux au moins te dire que je t’aime infiniment, que je suis fou de toi et que ma souffrance la plus cruelle est de ne pouvoir te faire partager ma vie, chère colombe du déluge de mes douleurs qui est venue m’apportant l’olivier divin de la réconciliation. Tu parles de ta conversion, mais, ma reine chérie, tu sauras plus tard quels changements admirables s’opèrent en moi depuis que je te connais.
Enfin, nous nous verrons demain mercredi chez de bons et fidèles amis qui t’aiment déjà. Je tressaille d’allégresse en y pensant.
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