Laissons cela. J’ai besoin de toi, plus que je ne puis dire. J’ai besoin de toi, non seulement pour avoir la paix du cœur et des sens, mais pour accomplir mon œuvre que tu connais.

Il se trouve, je ne sais comment ni pourquoi, que tu rallumes dans mon esprit ce qui paraissait éteint et qu’à l’occasion de toi, je retrouve ce qui s’était obscurci. N’est-ce pas un signe, cela ?

N’aie donc pas peur, mon cher amour, nous serons heureux, bientôt sans doute et nous serons heureux comme des élus. Notre vie sera ravissante.

Avec toi pour compagne je travaillerai dans ma voie et je me sens capable, en vérité, de faire des découvertes si belles que tu en perdras la vue à force d’éblouissement.

Je sais bien qu’il faut une espèce de miracle puisque les obstacles sont si grands. Mais je l’attends avec confiance. Il viendra sûrement et ce ne sera pas le premier que j’aurai vu.

Prie beaucoup pour nous demain matin. J’ai cette idée très ferme que tout dépend de tes prières, mon ange très pur. Je ne sais plus quel est le saint très humble qui priait toujours ainsi :

« Mon Dieu, vous savez tout, vous pouvez tout et vous nous aimez. » Il ne savait, je crois, que cette prière et il obtenait tout ce qu’il demandait.

A demain donc, ma bien-aimée. Je ne souffre pas, j’ai la paix pour une semaine et je dessine au coin de mon feu.

Que Dieu te comble de bénédictions.

Je te serre dans mes bras,