Aide-moi de ta prière.
Samedi matin.
Ma petite Jeannette adorée,
Je n’ai rien du tout à te dire, sinon que je t’aime avec une tendresse infinie. Je viens de recevoir ta lettre et je voudrais pouvoir tirer mon cœur de ma poitrine pour te le donner. Je suis fou d’amour pour toi. Je baise tes beaux yeux… ton front si pur. Je t’adore, je ne vis que pour toi. Ma chère âme, ma bien-aimée, je te chéris au delà de ce qui peut se dire. Je ne passe pas une heure sans penser à toi, sans te désirer de toutes mes forces. Tu as pris mon cœur, mon pauvre cœur et ma vie n’a de saveur que par toi, mon ange très doux…
O ma chérie, mon espérance, mon refuge, ma joie, ma paix, ma délivrance, mon idéal, tu es belle à mes yeux, tu es douce, tu es très bonne et je serais heureux de souffrir pour toi. Je voudrais te donner ma vie en souffrant de cruels supplices. Je voudrais baiser tes pieds, tes pieds infiniment aimables qui se sont fatigués pour venir vers moi. Je te bénirais si tu voulais marcher sur moi et je pleure de tendresse en t’écrivant cela, mon ange adoré, mon unique amour.
Ton Léon.
Dimanche.
Chérie,
Je sors de la grand’messe. De quel mot pourrais-je me servir pour t’exprimer ma joie, mon attendrissement profond. Mon cœur se liquéfiait dans ma poitrine en demandant à Jésus son secours pour toi et pour moi. Je te l’ai dit, c’est toi qui m’as rendu à Dieu, c’est par toi que l’esprit de prière m’est revenu, mon cher ange, ma petite colombe adorée, mon très bienfaisant et très enivrant amour. Tu es la maîtresse de mon cœur et j’appelle sur toi des bénédictions infinies. Avec toi, je le sens un peu plus chaque jour, tout ce que j’ai perdu me serait rendu et notre vie serait un rêve sublime, une extase de paradis.
Je voudrais, un dimanche, pouvoir entendre avec toi la grand’messe dans une église éloignée où nous ne pourrions être rencontrés. J’ai besoin de prier à côté de toi, de m’enivrer avec toi du son de cet orgue admirable qui nous parle de Dieu. Dis, mon amour, est-ce que cela est impossible ?