P. S. — Je suis profondément frappé de cette idée que tu vas entrer dans l’Église, que tu vas devenir effectivement une fille du Saint-Esprit et que cela est en partie mon œuvre, en ce sens que tu reçois cette récompense magnifique de ton miséricordieux amour pour le pauvre désespéré.
La gloire du Père (Joseph) c’est de cacher ; la gloire du Fils (Joseph) c’est d’être caché ; la gloire de l’Amour (Joseph) c’est de trouver. Quelles pensées sublimes !
Quand donc me sera-t-il donné de les expliquer ? puisque je ne vis que pour cela.
Samedi, 22 mars 90.
Ma bien-aimée,
Rassure-toi. J’ai encore un peu de fièvre et j’écris difficilement. Mais je vais beaucoup mieux. La preuve, c’est que je te porte cette lettre moi-même, ayant à voir un ami au Trocadéro.
Hier, après ton départ, j’ai souffert beaucoup, jusqu’au soir. Puis, tout à coup, vers 4 heures l’inflammation de la gorge a disparu et j’ai pu dormir. C’était fini.
Dieu n’a pas voulu que je me trouvasse à ta première communion, que sa volonté soit faite.
Mais il faut qu’il nous unisse bientôt, car il sait bien que je ne peux plus vivre sans toi et que je suis au bout de mes forces.
Je t’aime de tout mon cœur.