La conduite aux cabinets, de une heure à une heure un quart, a eu lieu sous une averse torrentielle et toute l'après-midi, les enfants ont été insupportables. On ne se doute pas combien la discipline scolaire est influencée par les variations du baromètre. Il semble notamment que l'humidité atmosphérique s'interpose pour diminuer le magnétisme autoritaire des maîtresses.
La directrice m'a laissé complètement les petits, devenus hargneux et qui n'arrêtaient pas de s'asticoter, de se tortiller sur leurs bancs.
J'ai organisé le premier et le plus simple des exercices de pliage. Chaque enfant reçoit un morceau de papier, à charge de la rouler en balle, « comme si l'on voulait faire jouer le petit chat ». Explications concomitantes :
— Pourquoi le papier se met-il en boule? parce que le creux de la main est rond.
— Pourquoi des balles de plusieurs grosseurs? parce que les morceaux de papiers n'étaient pas tous pareils et aussi parce que Totor a serré plus fort que Marie, — c'est un homme!
Nous jetons les balles en l'air et nous les rattrapons, d'abord dans les deux mains, puis dans une seule main, la droite, la gauche. Je pose un vaste cornet sur le bureau ; chacun essaie de lancer sa balle dedans, puis tous ensemble bombardent le but.
Je donne sept balles à un enfant, il les renvoie en annonçant avec moi : dimanche, lundi, mardi, mercredi, etc. Tous ces jours-là font une semaine. Chaque jour a ses qualités : le dimanche est le premier de la semaine ; le samedi est le dernier, le jour numéro sept, le jour où l'on distribue les croix, etc.
A Julie Leblanc (trois ans) :
— Qu'est-ce que c'est le samedi?