Puis, le mâle arrivait.

Mais Mistigris s'en allait dès qu'il le voyait voler en rond et s'approcher.

Enfin, Mistigris n'eut plus le courage de se poser sur le perron. Il descendait les cinq marches, apercevait la mésange dans l'arbre et s'en retournait…

Cette bonne mésange, ses petits lui ont été rendus ; le nid est refait, le nid est habité.

Mistigris a regardé le nid renaître, du haut du perron et un jour il a compris qu'il était pardonné. Il revient s'asseoir à sa place ordinaire sur la dernière marche auprès de la vieille dame qui fait de la tapisserie.

La mère mésange ne se plaint plus, on voit sa tête qui sort du nid. Elle et Mistigris restent des heures à se regarder, sans crainte, sans méchanceté.

Mistigris devenu très sage songe profondément. Il songe qu'une maman de mésange est plus forte qu'un chat armé de ses griffes et de ses crocs ; il songe à cette chose qui torture les chats mangeurs d'oiseaux, il songe à cette chose qui fait renaître les petits oiseaux mangés.

De temps en temps, le mâle apporte la becquée. La mère se lève, les petits becs s'agitent dans le nid.

Alors, Mistigris fait semblant d'avoir entendu du bruit dans la maison ; il se dérange tout doucement et se pose, tournant le dos à l'arbre.