On offrait à Catherine huit jours de vacances à passer auprès de son enfant : on payait une « extra » pour la remplacer chez ses patrons ; on payait ses frais à la campagne.

Et le programme devait continuer dès que le roman serait accepté par un éditeur. Et si le roman réussissait, tonnerre ! on s’arrangerait pour lui rendre son enfant, tout à fait !

Le départ en vacances.

Par une attention délicate, le mardi soir, les Prestal se rendirent à la gare Montparnasse afin d’embrasser Catherine, comme on fait pour un parent qui entreprend un lointain voyage ; il fallait que Catherine connût la sensation d’avoir de la famille.

— A l’occasion des grandes joies, disait Marthe, on a besoin de s’appuyer à de l’affection, comme au moment des grands chagrins.

Les enfants, impatients, mangèrent à peine, au dîner. On arriva une demi-heure d’avance, à huit heures, il faisait encore jour.

— La voilà avec tous ses paquets !

Albert et Georges se précipitèrent :

— Comme vous êtes belle, ma p’tite Catherine !

A la regarder, de loin, Marthe eut les larmes aux yeux :