—Des troubles dans le midi; des assassinats en Vendée.

—Misérables!—Deux cent trente-neuf—deux cent soixante-trois.—On dit que nous sommes infestés de réfractaires qui rôdent autour de nos campagnes. Il m'a été assuré qu'hier au soir un d'eux,—celui-là est hardi! a osé se montrer au bal de Senlis, où il y avait au grand complet toutes les autorités du département, et qu'on l'a, comme de raison, arrêté à la pastourelle.—Trois cents.—Voilà qui est fait.

Juste! trois cents billets de mille! on dirait qu'ils nous attendaient. La Providence les avait comptés.

Midi sonne: il n'y a pas une minute à perdre, Maurice. Je pars. Adieu donc! A trois heures je serai chez le notaire, où notre contrat de vente avec les propriétaires des dix maisons de la Chapelle est dressé.

Victor enferma les billets dans son grand portefeuille, et il tendit la main à son beau-frère, auquel il semblait dire:—Humilie-toi devant mon imagination.

—Au revoir, Maurice. Bonne chance pour nous! Selon toute apparence, je serai de retour ici vers minuit. Attends-moi; nous causerons de ce qui se sera passé chez le notaire. La démarche est décisive.

—Sois prudent, je t'en conjure, Victor. Cet argent est sacré.

—Tout argent est sacré, Maurice. J'aurai soin de celui-ci comme du mien propre.

Resté seul, Maurice essaya de continuer son rêve de béatitude domestique, interrompu par l'arrivée de son beau-frère; l'effort fut inutile.

XX