—Il m'y a forcé, mon Dieu!

—Oui! il vous a insulté comme moi, dit amèrement le vieillard; c'est connu. Mais ces papiers? ces papiers?...

—C'est connu, dites-vous!

—Je ne prétends pas cela; mais achevez, ces papiers contiennent... Que contiennent-ils?

—Un plan complet pour attaquer, ruiner, exterminer la Vendée et tous ses habitants en un mois.

—Et M. de Calvaincourt ira en Vendée, Maurice?

—Oui! oui! et tout ce qu'il possède est là.

—Ah! s'écria le vieillard, pourpre d'une affreuse joie, continuez.

—Je sais qu'il est à la tête de cette conspiration, qui éclatera tel jour, tel endroit, telle heure. L'heure, le jour, l'endroit, tout est dans ce plan de campagne. C'est un plan de campagne. Comment l'ai-je eu? qu'importe? Je l'ai. Voulez-vous le voir? Tous seront traqués, tous seront tués; on les prendra au piége qu'ils tendent. Il faut qu'ils s'y prennent, qu'ils meurent baignés dans leur sang, étouffés sous leurs chaumières et leurs châteaux en feu.

—Il mourra, ajouta M. Clavier, et lui avec les autres, avec ses frères. La fatalité me jette encore sous les pieds cette poignée de serpents mal écrasés par nous autrefois, dans leurs marais. Je croirais en Dieu, Maurice, rien qu'à de tels signes de prédestination. Qu'allons-nous faire maintenant?