—Mais monsieur Clavier est malade.

—Écris à Maurice, au médecin de monsieur Clavier que tu es partie, qu'ils viennent. Dieu fera le reste.

—Mais celui qui m'a aimée comme son enfant...

—Et le nôtre? Caroline!

Par notre enfant, par lui, puisque ce n'est pas moi qui ai le droit de te déterminer, consens à me suivre!—Viens!

Ce reproche et cette prière brisèrent l'irrésolution de Caroline.

—Tu le veux! Édouard, attends!

Caroline s'échappe; elle monte sans bruit l'escalier, entre dans sa chambre attenante à celle de M. Clavier; elle ouvre un coffre, y jette pêle-mêle quelques poignées de linge, puis pensive, indécise, elle appuie son front en sueur, ses genoux tremblants contre la cloison, pour voir à travers si M. Clavier est endormi.

Le vieillard était dans l'attitude où elle l'avait laissé; seulement la veilleuse, qui chauffait la tisane du malade lorsque Caroline était descendue, éclairait maintenant les longs plis blancs de la couverture et quelques parties de l'appartement.

Caroline ne respire pas, pour mieux entendre si le malade soupire ou se plaint. Aucun bruit ne sort de l'alcôve.