Agissant à contre-sens, Maurice prenait deux cuillerées de potage tandis qu'on le saluait.
La soirée était admirable de calme; l'air était sans fraîcheur, et son souffle n'agitait pas même la flamme des bougies.
Maurice ne laisse pas écouler une minute sans se tourner vers la porte pour voir si son beau-frère n'arrive pas; et, lorsqu'il se surprend dans cette distraction trop marquée, il verse aussitôt à boire à profusion, à pleins verres: il répare gauchement une gaucherie.
—Qu'il fait bon ici! dit une voix.
—Vous avez raison, répond une autre voix: une journée d'août.
—Bon pour nous, répond-on plus loin; mais pour ceux qui sont à Paris, la journée n'est pas aussi belle.
L'observation rend les visages soucieux; la bouteille cesse à l'instant de sortir de son centre de repos.
Détournant de la pente périlleuse des propos entamés, Maurice opère une diversion prompte.
—Allons, messieurs, de ce melon! encore une tranche là-bas; ils sont d'un goût exquis cette année. Mais buvez donc; on boit avec le melon.
Qu'on renouvelle le madère!