—Avec plaisir, monsieur Maurice.
—Toi, là-bas, du coin, en veux-tu? M. Maurice t'offre des pieds truffés.
—Avec ça que c'est un bon métier que celui de notaire! remarque, en savourant les jouissances matérielles qu'il en fait évidemment dépendre, un convive séduit par l'abondance des entrées, l'inépuisable succession des entremets, et la riche collection des bouteilles de vins différents.
—Tu voudrais bien entrer en apprentissage dans ce métier-là?
Est-ce que c'est donc bien difficile? s'informe à tête basse, à voix basse, l'oreille pourpre, l'œil diamanté, le premier interlocuteur au second.
—Ma caboche me dit que non. Un exemple. Tu as de l'argent; tu as peur des loups chez toi; vite, tu le portes ici. On te donne pour ça cent francs par an; est-ce vrai?
—Sans doute.
—Eh bien, moi qui n'ai pas peur, mon vieux Robinson, que des fouines me rognent mon or, je viens à ta suite, et je demande au notaire,—comme qui dirait M. Maurice,—quinze cents francs, deux mille francs, n'importe, ou plutôt la somme que tu as portée toi-même. Sous garantie, il me la prête, et je lui baille deux cents francs: c'est cent francs qu'il a récoltés dans la journée. Ton argent vient dans ma main: voilà tout.
—Bon! c'est là le métier?
—Parle plus bas, Robinson. Oui, c'est là tout.