—Que faites-vous, Victor?

—Ne craignez rien, c'est le sacrifice d'un pain à cacheter. Voyons ce que peuvent être les dernières volontés d'un maréchal-ferrant.

«Dégoûté de la vie, je demande pardon à Dieu d'y avoir mis fin. L'affreuse conduite de ma femme m'a poussé au suicide et à la vengeance criminelle dont je l'ai fait précéder. Je dispose de mes biens comme suit.»

—Oh! cet homme va tuer sa femme, se tuer ensuite, et personne ne l'en empêchera, et nous le savons! Je lui écrirai.

—Alors Maurice ira au bagne.

Un violent coup de sonnette retentit. Victor et Léonide se turent, pâlirent tous deux. Dans leur égarement, il leur fut impossible de trouver un pain à cacheter pour sceller le testament dans l'enveloppe.

La sonnette ébranla de nouveau la maison.

—Fuyons d'ici, s'écrie avec épouvante Léonide, c'est Maurice!

—Quelle extravagance! répond Reynier, qui, non moins terrifié que sa sœur, se précipite sur le carré, passe dans l'autre corps de logis, du côté de la pelouse, soulève le coin de la jalousie, et aperçoit la laitière qui sonnait pour la troisième fois.

—C'est votre laitière, revint-il annoncer à Léonide; que veut-elle?