Quand l’heureux Fouquet et sa confidente descendirent vers le château, la joie de leurs visages eût fait pâlir de jalousie celui de Saint-Aignan, ce maître passé dans la carrière officieuse qu’il suivait concurremment avec madame de Bellière.

—Elle viendra donc, disait Fouquet, elle vous l’a promis; mais vous ferez mon bonheur, madame!

—N’oubliez pas, vicomte, que j’ai déjà fait votre bonheur trois cent dix-huit fois.

—Vous tenez donc compte?

—Pourquoi pas? Ce sont mes états de service. M. de Saint-Aignan vient d'être nommé gouverneur.

V

Avant l’heure du dîner, Fouquet proposa une promenade aux parterres.

On sortit par la façade opposée à la cour d’honneur.

Les trois grilles de la rotonde s’ouvrirent pour laisser écouler par le pont-levis la cour et la foule de dames et de seigneurs qui la suivait.

A la porte du milieu parurent le roi et madame Henriette d’Angleterre, à qui l'étiquette indiquait cette place en l’absence de la jeune reine, restée à Fontainebleau à cause de sa grossesse; à la porte de droite se présenta Anne d’Autriche, accompagnée de son fils, Monsieur; à la porte de gauche, le prince de Condé et mademoiselle d’Orléans ouvrirent la marche des princes et des pairs.