—Quoi! je porte le fer et la flamme dans la moindre province rebelle qui refuse la taille, et je souffrirai avec complaisance qu’on dévore six provinces dans ce château!
—Celui qui aurait le château aurait les six provinces.
Une musique légère, qui retentit dans l’antichambre, couvrit les paroles à demi-voix dites par le roi à sa mère; et parut Fouquet, qui demanda la permission de présenter à leurs majestés la nymphe de Vaux en personne.
La nymphe, qui n’avait modifié son costume de demoiselle d’honneur de Madame que par deux ailes blanches attachées à ses épaules, et qui était mademoiselle de La Vallière, remit au roi un rouleau de parchemin, l’invitant à lire.
Le roi lut, sourit, et passa l'écrit à sa mère.
—Monsieur de Belle-Isle, dit le roi, je vous remercie, au nom du dauphin, si le ciel doit nous en envoyer un, du don que vous lui faites du château de Vaux et de ses dépendances. Il sera temps de le lui offrir quand il sera en mesure d’accepter lui-même. Jusque là gardez ce château, que vous avez rendu si beau par vos soins, et dont vous faites si bien les honneurs. Nous tiendrons compte de l’offre, mais c’est tout ce que nous retenons.
Fouquet se précipita aux genoux du roi et lui baisa la main.
Dans les yeux d’Anne d’Autriche son fils put lire: «Tu seras un grand roi.»
Tempérant les paroles graves qu’il avait prononcées, Louis XIV ajouta: Les nymphes, mademoiselle de La Vallière, font aussi partie du château.